Le soin apporté à la plantation d’un arbre, ainsi que sa conduite durant ses premières années seront des facteurs déterminants pour obtenir des arbres sains et résilients aux aléas.
La période de plantation se situe entre la mi-novembre et la mi-mars, quand les arbres ont perdu leurs feuilles et sont en dormances. L’idéal est de planter avant noël pour éviter la plantation en période de gel.
Planter un arbre est accessible à tous.tes, cela demande quelques précautions simples pour s’assurer d’une bonne reprise au printemps et de son bon développement durant ses premières années.
- Préparation du terrain quelques mois avant plantation
- L’achat
- Le décompactage
- Le trou de plantation
- L’habillage de l’arbre.
- Pralinage, une étape importante pour une reprise vigoureuse de l’arbre
- La plantation
- Après la plantation
1. Préparation du terrain quelques mois avant plantation
Si possible, on prépare la zone de plantation quelques mois auparavant. On peut déposer du compost ou du broyat sur la zone, pour occulter la surface du sol. Cela va supprimer les plantes spontanées et ameublir le sol.
Pour la plantation de haie, une méthode simple et efficace est de dérouler un ballot de paille ou un rouleau en feutre (en chanvre, laine ou encore en jute).
2. L’achat
Dès l’achat, les arbres en racines nues doivent être plantés rapidement pour ne pas endommager les racines. Les plants ne doivent pas rester au gel ni au vent. La qualité du système racinaire de l’arbre est à regarder en priorité. Les racines doivent rester humides, vous pouvez garder les racines de l’arbre, en jauge, dans un mélange légèrement humide de sable et de terreau. En général la non reprise des arbres est dûe à des erreurs de plantation ou au séchage des racines entre la réception et la plantation de l’arbre. Pensez à bien protéger les racines jusqu’à la plantation.
Pour les arbres greffés, vérifiez la qualité de la greffe.
Si l’arbre possède encore ses feuilles, retirez-les pour éviter le dessèchement de l’arbre par évapotranspiration.
Les pépiniéristes sont très occupés à cette période de l’année, après avoir fait le choix de vos arbres, privilégiez les commandes en amont de vos plantations.
3. Le décompactage
On va décompacter le sol au niveau du futur trou de plantation et aux alentours pour permettre aux racines de s’étendre facilement. Pour cela on peut utiliser une Grelinette ou une Fourche Bêche.
4. Le trou de plantation
On va creuser au minimum 1.5 fois plus grand que la taille du système racinaire. Sur sol pauvre, sol lourd (très argileux) ou sol tassé (ex : semelle de labour) on augmentera la taille du trou. Si les parois du trou vous paraissent lisses, alors il sera nécessaire de “gratter” la zone pour des aspérités, pour faciliter le passage des racines. Pour empêcher les racines de tourner en rond après la plantation, préférer un trou carré.
Ameublir le fond à l’aide d’une pioche ou d’une barre à mine pour faciliter le développement des racines, si votre terre est lourde, mélanger du terreau au fond du trou.
Veiller à respecter les horizons du sol, sans les mélanger. La couche de terre de surface sera mise de côté et remise en dernier lors de la plantation. Pour faciliter la plantation, on peut déposer les couches du sol sur une bâche ou un carton.
Si nécessaire, on peut faire des apports de sable pour “alléger” la zone de plantation (pas de sable de mer trop riche en sel).
5. L’habillage de l’arbre.
C’est important d’avoir un équilibre entre la partie racinaire et la partie aérienne.
Si l’arbre possède trop de branches par rapport à son système racinaire, la reprise de l’arbre au printemps sera impactée et cela risque d’affaiblir le jeune arbre (trop de feuilles qui évapotranspirent par rapport aux capacité des racines à puiser l’eau). Veillez à choisir vos arbres avec de beaux systèmes racinaires !
Si nécessaire on taillera l’arbre avec un sécateur bien aiguisé et propre.
La taille des branches peut aussi se faire juste avant le débourrement du printemps, c’est-à-dire avant l’ouverture des bourgeons. Cela pour permettre une cicatrisation des tailles plus rapides.
Si certaines racines sont cassées ou abîmées, les tailler également. La taille va stimuler la production de nouvelles racines.
Voici quelques bonnes marques de sécateur : Okatsune / Bacho / Felco. Les coupes doivent être propres et nettes pour faciliter la fermeture de la cicatrice.
6. Pralinage, une étape importante pour une reprise vigoureuse de l’arbre
Pour
les arbres en racines nues, afin de stimuler l’enracinement et de protéger leurs racines, on trempera les racines dans un mélange appelé « Pralin », c’est le moment du pralinage.
Ce sera le moment préféré de vos enfants. Il y a plusieurs manières de faire. Communément on mélange de la bouse de vache fraîche (riche en micro-organismes) avec de l’argile.
La bouse de vache n’est pas indispensable.
On peut utiliser un mélange de terre (ou d’argile) et de compost mûr, le tout brassé avec de l’eau pour obtenir une solution bien visqueuse qui colle aux racines.
Chez Terre & Humanisme, on utilise également un biostimulant qui aide la reprise des arbres, surtout sur sol pauvre ou abîmé : la Litière Forestière Fermentée (ou Lifofer). Cela va permettre aux jeunes arbres d’avoir un microbiote riche autour d’eux dès la plantation, et d’empêcher le développement de pathogènes (effet barrière). Ils pourront ainsi développer des symbioses rapidement avec des micro-organismes. On peut aussi rajouter de la farine de basalte, qui permet un apport de nombreux minéraux (oligo-éléments) facilement assimilable par l’arbre, pour une bonne reprise au printemps.
Si il reste du pralin après la mise en place sur les racines, on peut le verser sur le sol autour de l’arbre, sous le paillage.
7. La plantation
Positionnez l’arbre dans le trou en veillant à ce que le collet ne soit jamais enterré (Voir photo). Le collet correspond à la limite entre la tige et les racines. C’est une formation tissulaire, comme un bourrelet, qui assure la jonction entre la tige (partie aérienne) et le système racinaire.
Soyez vigilant également à ne pas enterrer la zone de greffage si c’est un arbre greffé. La greffe doit rester à l’air libre pour éviter les ambiances humides, sources de maladies. On va positionner un tuteurage léger si besoin, du côté du vent dominant, pour éviter que l’arbre vienne taper sur son tuteur. Le tuteur est à retirer durant la deuxième ou troisième année de plantation.
Le tuteur n’a pas vocation à rester, l’arbre doit pouvoir se maintenir seul et développer par lui-même ses capacités à résister aux intempéries.

Illustration par May Kobbi, animatrice en agroécologie
Procéder au remplissage du trou avec la terre ameublie (c’est-à-dire décompactée). En respectant les horizons du sol.
Si le terrain est pauvre, mélanger la terre de surface avec du compost mûr (dans les 0 à 15 premiers centimètres, c’est-à-dire la partie aérobie du sol). Cela pour faciliter la croissance de l’arbre pendant ses premières années.
Attention à ne pas enfouir de la matière organique dans le fond du trou. Dans les années suivant la plantation, du compost peut être amené au-dessus du sol, mais pas en contact direct avec le tronc, pour permettre à l’air de circuler à la base du tronc.
Dans les territoires au climat chaud et sec, faites une cuvette plate autour de l’arbre : un bourrelet de terre haut d’une dizaine de centimètres. Si le terrain est en pente, réalisez une demi-lune. Elle servira à retenir l’eau de pluie ou d’arrosage, et permettra à l’eau de s’infiltrer dans le sol en profondeur.
Veillez à ce que l’intérieur de la cuvette soit le plus plat possible pour permettre un arrosage homogène.
Tassez légèrement, arrosez en apportant de l’eau en pluie fine (on dit aussi “plomber les racines »). On chassera ainsi les bulles d’air emprisonnées dans la terre.
Après la plantation, placez un paillis organique (Broyat/Paillage/Foin en couche assez épaisse), ou plantez un couvre sol peu compétitif.
Le paillis a plusieurs utilités :
- Il évite la compétition avec les herbes sauvages (graminées),
- Il gardera le sol humide (maintien de l’humidité du sol par l’isolation du paillage),
- Il protège le sol de l’érosion, du soleil etc.,
- Il nourrit la vie du sol…
On peut aussi utiliser des couvertures de sols en chanvre/laine ou tout simplement du carton.
Durant les 2 premières années on ne laissera pas se développer d’herbes (graminées) autour de l’arbre durant sa période de croissance (mars à septembre). En effet, les graminées ont un système racinaire fasciculé qui rentre en forte compétition avec les jeunes arbres.
Cependant des plantes couvre-sols peu compétitives sont possibles, comme le trèfle des prés qui de plus apportera de la fertilité au sol via sa capacité de fixation de l’azote atmosphérique.
Voici quelques exemples de plantes peu compétitives pour l’eau : Achillée millefeuille, Lotier corniculé, Trèfle des prés, Plantain lancéolé, Petite pimprenelle, Thym serpolet.
Les racines de ces plantes empêcheront le sol de se tasser et nourriront la vie du sol, même en hiver. L’activité biologique engendrée assure une bonne minéralisation des matières organiques au printemps, quand l’arbre débourre.
Quand l’arbre sera plus grand, l’enherbement sera le compagnon idéal de l’arbre : apports de matières organiques, nutrition des microbes du sol, gestion de la porosité du sol, protection des aléas climatique…
Il est également possible de semer des engrais verts d’automne (Seigle, Vesce, Féverole…), ceux-ci se développeront durant la période de repos de l’arbre.
Ils seront supprimés au printemps et intégralement remis au sol au pied de l’arbre, leurs décompositions boostera la croissance de l’arbre (Voir photo ci-contre : ici un jeune figuier durant l’hiver, un couvert végétal type Engrais verts se développe pendant la période de repos de l’arbre)
Point de vigilance : Ne jamais couvrir la base du tronc avec du mulch/paillis. Laisser un espace libre de paillage tout autour du tronc (10 cm minimum), cela permet la circulation d’air à la base du tronc et éviter les risques de maladies. L’image ci-contre est un mauvais exemple de pratique, appelé aussi “le volcano mulching”.
Remarque : Sur un terrain déjà arboré, si on aperçoit beaucoup de racines d’arbres au niveau du trou de plantation, on peut alors “border” en coupant ces racines avec une louchet, en se plaçant à bonne distance de l’arbre planté. Cela pour limiter la concurrence avec le jeune arbre, opération à refaire 1 fois par an durant plusieurs années si nécessaire. Pour une plantation de nombreux arbres, on peut aussi utiliser une sous-soleuse.
8. Après la plantation
Quelques conseils après plantation :
- Garder un sol frais et humide durant les 2 premières années de la plantation.
Privilégier un arrosage peu fréquent mais en grande quantité, pour favoriser un enracinement profond. Exemple: 60 litres par arbre toutes les 2 semaines en été, l’équivalent d’un bon orage.

À gauche, ce jeune arbre est irrigué régulièrement par aspersion, le sol en surface reste humide, les racines se développent préférentiellement à la surface. En cas de sécheresse, cet arbre sera dépendant de l’irrigation. En cas de coup de vent, il sera moins bien ancré au sol.
À droite, il développe une racine pivot qui descend en profondeur et explore profondément les différents horizons du sol, à la recherche d’eau et de minéraux. Il sera davantage autonome en cas de stress hydrique. La diffusion gravitaire de l’eau dans le sol dépend de sa texture (proportion de sables, limons et argiles) et de sa structure (la manière dont sont organisées les particules minérales et la matière organique du sol). Cette illustration est un exemple qui ne correspond pas à toutes les situations de sol.
- Penser à faire un plan des arbres plantés et retirer les étiquettes en plastique, qui risquent à terme de gêner la pousse des branches par étranglement.
- Pour favoriser la croissance de l’arbre, il est possible de retirer les fruits durant les 2 premières années.
- Protéger les jeunes arbres contre les canicules d’été qui peuvent faire craquer l’écorce :
- Toile de jute autour du tronc
- Ombrager les jeunes arbres sensibles au fortes chaleurs (ex: l’Asiminier)
- Protéger l’arbre face à la pression du gibier. Les chevreuils mangent l’écorce ou les jeunes pousses.
- Manchons de protection, gaine TCP…
- Possibilité d’établir une clôture si la plantation concerne de nombreux arbres.
- Désherber les graminées autour du tronc durant les 2 ou 3 premières années. Les graminées sont très concurrentiels des jeunes arbres.
Matériel et matière nécessaire : Bêches, Pelles, Tuteur, Masse, Barre à mine, Lien, Arrosoir, Sécateurs de qualité et propres, Etiquettes et crayons, Manchons de protection (il est existe en carton), Compost mûr, Paillis (broyat, paille, foin ou feuilles mortes), de quoi réaliser le pralin, bâche.
Pour aller plus loin on vous conseille :
- Adapter son jardin nourricier au changement climatique, Terre & Humanisme. Collection Je passe à l’Acte. Editions Acte Sud. 2025. 10,80€.

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