Voici un petit panorama de la biodiversité sauvage que nous avons rencontrée dans nos jardins pédagogiques durant le mois de juillet.
En agroécologie l’accueil de la biodiversité sauvage est un incontournable pour un jardin en bonne santé. Les jardins du mas de Beaulieu sont aujourd’hui un écosystème riche en biodiversité sauvage.
1) Un lepture tacheté (Rutpela maculata)
Ce coléoptère vit souvent à la lisière d’une zone boisée, l’adulte se nourrit de pollen et du nectar des ombellifères. La larve se développe et participe à la décomposition du bois mort.
2) Un lézard vert (Lacerta bilineata)
C’est un des lézards que nous rencontrons régulièrement dans nos jardins, avec ses cousins le lézard des murailles, le lézard catalan et le lézard ocellé. Celui-ci a élu domicile dans notre pépinière de plantes vivaces.
3) Le bupreste Anthaxie à Élytres Rouges (Anthaxia ignipennis)
Ce coléoptère coloré se rencontre sur les fleurs jaunes, qu’il participe à polliniser. Cette espèce est peu commune. La larve se développe dans les branches ou le bois mort des pruniers.
4) Une grenouille verte (Genre Pelophylax)
Une photo prise à proximité de la petite mare de la serre. Les grenouilles s’y déplacent souvent durant la nuit et tôt le matin à la recherche de nourriture, avant de regagner leur point d’eau durant la journée.
5) Le capricorne Purpuricène de Kaehler (Purpuricenus kaehleri)
Un beau capricorne rouge et noir, qui se rencontre en France en climat méditerranéen.
6) La Coccinelle à Vingt-deux Points (Psyllobora vigintiduopunctata)
Cette coccinelle à la particularité de se nourrir exclusivement de champignons, en particulier de l’oïdium. On la rencontre fréquemment l’été quand on commence à voir de l’oïdium se développer sur les feuilles des courges ou des courgettes.
7) La Grande Cétoine Verte (Protaetia speciosissima)
Moment d’émerveillement hier, rencontre avec un bijou rare au verger-potager : La grande cétoine verte (Cetonischema speciosissima).
C’est une rencontre opportuniste que je ne risque pas de refaire de sitôt ! J’étais en train de ramasser des fruits quand j’ai vu en vol cette très grande cétoine, et j’ai attendu qu’elle se pose sur une pomme en hauteur.
C’est l’une des plus grandes Cétoines de France, avec sa proche cousine la grande Cétoine bleu (Eupotosia mirifica) qui est endémique en sud Ardèche, présente sur l’écocomplexe de Païolive.
Celle-ci mesure quasiment 30 mm. L’adulte peut se rencontrer sur des fruits trop mûrs (mon cas). Autrement l’imago se nourrit majoritairement de sève et reste en canopée des vieux chênes, son observation est donc peu courante !
« La larve saproxylophage vit dans le terreau des cavités hautes des vieux arbres feuillus, où elle consomme le bois mort tapissant les parois. » INPN
Elle partage le même habitat que le Pique-prune, cette cétoine est donc également une espèce parapluie : « dont le domaine vital est assez large pour que sa protection assure celle des autres espèces végétales et animales peuplant le même territoire. »
Elle est d’ailleurs classée sur liste rouge au statut « vulnérable », et c’est également une espèce déterminante ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique).
Voici donc une photo de cette cétoine « très précieuse » ou « vraiment magnifique » (de son nom latin), qui ne se rencontre que très rarement !
À ne pas confondre avec la Cétoine Dorée (Cetonia Aurata) dont les populations se portent très bien, en profitant de nos composts pour se développer !
8) Le Capricorne Ergate Forgeron (Ergates faber)
Ce proche cousin du Grand Capricorne lui ressemble beaucoup. Celui-ci s’abrite ici dans un coin du chalet d’accueil de l’association.
9) La Libellule Æschne Bleue (Aeshna cyanea)
Une grande libellule assez commune en France, celle-ci s’était coincée dans la serre. Nous l’avons attrapée délicatement avant de la relâcher à l’extérieur.
10) Le Chlorophore Soufré (Chlorophorus varius)
Un petit coléoptère qui se rencontre assez facilement sur diverses fleurs durant l’été. Sa larve se développe dans le bois mort de divers arbres feuillus.
Pour suivre les dernières observations de la vie sauvage des jardins, rendez-vous sur la page INaturalist du Mas de Beaulieu: https://www.inaturalist.org/projects/jardins-pedagogiques-de-terre-humanisme-tiers-lieu-nourricier
Article rédigé par Arnaud Vens, jardinier-formateur